Oui, il est possible de se reconvertir vers le métier de pilote de ligne, mais le projet exige une visite médicale de classe 1, un long apprentissage de licences (PPL/CPL/ATPL) et un budget important. Cet article explique les étapes concrètes, les conditions médicales et les voies de financement à envisager.
Sommaire
Quels sont les premiers freins à vérifier avant d’entamer une reconversion ?
La première étape est la visite médicale de classe 1 : sans certificat valide, le projet est irréalisable. Iroise Aéro Formation rappelle que « la visite d’admission initiale … est nettement plus approfondie » et qu’il faut l’anticiper avant tout engagement.
Autre contrainte réglementaire à connaître : la réglementation européenne limite l’exercice commercial à l’âge de 65 ans (et 60 ans pour certains vols en monopilote). MaFormation reprend ce plafond en précisant que le transport commercial s’arrête à 65 ans, conformément aux règles européennes.

Quelle formation suivre et combien de temps faut-il ?
Les parcours sont classiques : filière intégrée (ATPL intégrée), filière modulaire ou voie cadet. MaFormation indique que la filière intégrée dure environ 18 à 24 mois à temps plein et prépare au titre ATPL inscrit au RNCP niveau 6.
Le diplôme théorique conduit à un ATPL « frozen » : la théorie est validée mais la licence complète s’obtient après le cumul de 1 500 heures de vol, avant la délivrance définitive de l’ATPL, d’après MaFormation.

Quels sont les coûts et comment financer la reconversion ?
Le coût est souvent le principal obstacle personnel. MaFormation relève que, hors filière cadets et ENAC, une formation en école privée se chiffre en général entre 80 000 et 120 000 €, hors frais de vie.
Plusieurs leviers existent pour diminuer la charge : MaFormation et Iroise Aéro Formation mentionnent la filière cadets (formations financées par certaines compagnies), le prêt bancaire, le projet de transition professionnelle (PTP) pour salariés, le CPF lorsque la formation est éligible, l’AIF pour demandeurs d’emploi, et les aides régionales. Iroise précise que les écoles certifiées ouvrent parfois l’accès à ces dispositifs et accompagnent les candidats sur le montage du dossier.
Quel parcours choisir selon votre situation personnelle ?
Pour garder une activité, la filière modulaire permet d’avancer par étapes (PPL, heures, ATPL théorique, CPL, IR, MCC) et de conserver un salaire partiel pendant la formation, explique MaFormation. L’intégrée reste la voie la plus rapide mais demande une disponibilité totale.
Iroise ajoute que l’expérience professionnelle antérieure peut être valorisée lors des sélections et que l’important est la cohérence du projet et la préparation aux tests psychotechniques et aux évaluations en simulateur.
Et après la formation : débouchés et carrière
À l’embauche, une qualification de type (A320, B737…) est habituellement acquise au moment de l’entrée en compagnie. MaFormation rappelle aussi que la rémunération progresse avec l’ancienneté : un copilote débutant peut toucher entre 2 500 et 5 300 € brut par mois tandis que le commandant de bord moyen-courrier se situe entre 9 000 et 13 000 € brut selon la compagnie.
Autres voies d’exercice possibles pour un reconverti : l’aviation d’affaires, l’instruction ou des postes au sol (planification, expert aéronautique), des possibilités soulignées par MaFormation et Iroise comme des alternatives réalistes si la voie compagnie se révèle difficile immédiatement.
5 actions à faire dès aujourd’hui
- Passer une visite médicale de classe 1 en centre agréé pour connaître votre aptitude.
- Faire un vol d’initiation ou quelques heures en aéroclub pour confirmer la motivation.
- Évaluer votre niveau d’anglais aéronautique et suivre une remise à niveau si nécessaire.
- Comparer les écoles agréées DGAC et demander leur taux d’embauche en compagnie.
- Monter un plan de financement (banque, PTP, CPF, aides régionales) et consulter un conseiller en évolution professionnelle (CEP).
Si vous voulez comparer une reconversion pratique dans le transport, voyez aussi comment se reconvertir vers le métier de conducteur de bus, qui expose d’autres chemins et aides adaptées aux métiers du transport.
Que retenir ?
La reconversion vers le métier de pilote de ligne est techniquement accessible à tout âge pour la formation, sous réserve du certificat médical de classe 1, mais l’exercice commercial obéit à des limites d’âge réglementaires. Les coûts sont élevés, la préparation doit être méthodique, et plusieurs voies (intégrée, modulaire, cadet) existent selon votre situation financière et familiale.
Commencez par la visite médicale, un vol d’initiation et le montage du financement : ces trois vérifications vous diront vite si le projet tient la route.
Sources : informations et chiffres cités d’après MaFormation (article « Comment se reconvertir vers le métier de pilote de ligne », mis à jour le 14 octobre 2026) et Iroise Aéro Formation (article « Reconversion pilote de ligne », 6 juin 2026).
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Victor Audet est un spécialiste du secteur financier, rédacteur et consultant dans le domaine bancaire depuis plus de 12 ans.
Arnaud d'Anjean Entreprise / Business / Finance